La ville de Gabès a connu, ce mardi 21 octobre, une grève générale de grande ampleur, à l’appel de l’Union régionale du travail, pour dénoncer la dégradation alarmante de la situation environnementale dans la région. Cette mobilisation, largement suivie par la population, traduit une exaspération croissante face à la persistance des émissions de gaz toxiques émanant des unités de production du Groupe chimique tunisien (GCT), installées depuis plusieurs décennies sur le littoral.
Les habitants de Gabès, appuyés par de nombreuses organisations syndicales et associatives, réclament depuis longtemps des mesures concrètes pour protéger leur santé et leur environnement. Beaucoup vont jusqu’à exiger le démantèlement pur et simple des unités polluantes, accusées de compromettre gravement la qualité de l’air, des sols et des eaux. Les effets sur la santé publique, notamment les maladies respiratoires et les affections chroniques, alimentent un sentiment d’injustice et de marginalisation dans cette région longtemps considérée comme un poumon industriel du pays.
La grève a eu un impact massif sur la vie quotidienne : la quasi-totalité des institutions publiques et privées ont suspendu leurs activités. Les établissements éducatifs et universitaires ont fermé leurs portes, tout comme les grandes surfaces commerciales, les marchés et même les cafés, habituellement très fréquentés. Seuls quelques services essentiels, tels que la médecine d’urgence et les structures de santé critiques, ont continué à fonctionner, afin d’assurer la continuité des soins.
Dans les rues, l’atmosphère était à la fois calme et déterminée. Des banderoles appelaient à la justice environnementale et à la protection du littoral de Gabès, longtemps victime d’une industrialisation non maîtrisée. Cette grève, au-delà de la simple contestation sociale, exprime la volonté des citoyens de voir émerger un nouveau modèle de développement conciliant activité économique, respect de l’environnement et bien-être des populations locales.
Pour de nombreux observateurs, cette mobilisation marque une étape charnière dans la lutte écologique en Tunisie, illustrant une prise de conscience collective face aux conséquences du développement industriel sur la santé et la qualité de vie.








