À seulement 20 ans, Ahmed Jaouadi a marqué l’histoire en décrochant deux médailles d’or aux Championnats du monde de natation 2025 à Singapour (800 m en 7’36’’88 et 1500 m en 14’34’’41). Il rejoint ainsi le cercle très restreint des champions du monde tunisiens, aux côtés d’Oussama Mellouli et Ahmed Hafnaoui.
Mais à son retour à Tunis, aucun accueil officiel : ni ministre, ni salon d’honneur. Ce silence a scandalisé l’opinion publique, révélant une fois de plus l’abandon institutionnel des athlètes tunisiens.
Malgré l’absence de soutien de l’État, Jaouadi a été porté par une « task force » bénévole composée d’experts tunisiens à l’étranger (médecins, entraîneurs, chercheurs) qui ont assuré sa préparation, sa stratégie de course et sa récupération. Sans eux, l’exploit n’aurait peut-être pas eu lieu.
Pire encore, son entraîneur Philippe Lucas n’a pas été payé depuis neuf mois, et Jaouadi a dû emprunter de l’argent pour se rendre à la compétition. Une bourse de 100.000 dinars a été promise après les victoires, dont 60 % sont allés à l’entraîneur.
Ce désengagement chronique menace non seulement le futur de Jaouadi – convoité par des pays étrangers – mais aussi celui d’autres jeunes talents livrés à eux-mêmes. Le sport individuel tunisien brille à l’international, malgré l’État, pas grâce à lui.









